segunda-feira, 28 de outubro de 2013

In Voluptia Mors




In Voluptas Mors est un portrait spectaculaire de l'artiste surréaliste espagnol Salvador Dalí, réalisé en collaboration avec le photographe Philippe Halsman en 1951. L'image représente Dalí posant à côté d' un crâne géant, en fait un tableau vivant , qui comprenne sept beaux modèles féminins nues , tous reliés entre eux dans une situation très sexy.

C'est peut-être l'un des interactions les plus complètes des termes «sexe» et «mort» jamais représentées par l'art . Voluptas apparaît dans l'œuvre à travers les nus féminins . En fait Volupté est un célèbre personnage de la mythologie grecque , déesse du plaisir , et elle-même fille d'une relation troublée entre Eros et Psyché , une histoire qui est lui-même plein de symbolismes de la femme traîtresse. Le cadre est l'expression indéniable du terreur masculin inconscient par rapport aux femmes,  sans arriver à dissocier complètement la figure féminine du danger, et dans ce cas là, de la mort.

La vision d' une telle terreur liée à la figure de la femme n'est pas surprenant si on rappelle que Dalí a passé sa vie tourmenté par sa propre homosexualité cachée, confirmée au public seulement après sa mort. Le fait est que la misogynie extrême amène au rejet total de femmes en tant que possibilité sexuelle. Alors, choisir d'autres hommes comme partenaires sexuels est une option pour échapper de leurs peurs inconscientes liées à la sexualité féminine. En outre, l'amour entre deux parts égales est aussi un moyen d'apaiser le désir narcissique extrême de voir son image réfléchi sur un miroir.

Il est connu que plus l'admiration de l'enfant par sa mère existe , plus grand est le lien primordial entre les deux, et plus grandes seront les cicatrices émotionnelles résultats de la rupture de l'unité avec elle. Dalí a déclaré à plusieurs reprises pendant sa vie qu'il adorait sa mère avec une grande ferveur , tandis qu'il craignait son sévère père dans la même mesure .

Aucune forme d' art authentique peut échapper à l' influence de l'inconscient. Dans le cas du surréalisme cette maxime était en effet la propre déclaration de principes du mouvement, célèbre pour des images ressortissantes des formations complexes de l' inconscient , d'habitude bizarres ou déconcertantes . Et In Voluptas Mors est un troublant exemple des femmes des ténèbres, redoutées et désirées, mais toujours secrètement fascinantes



quinta-feira, 17 de outubro de 2013

Patricia - Jean Seberg dans "À Bout de Souffle"






À coup de souffle, tourné en 1959, en tant que l'un des piliers de la nouvelle vague, n'aurait pu qu' émuler le Film Noir. Oui, parce que apparemment, à ce moment là, la notion de "renouvellement du cinéma français", pour laquelle prêchaient si passionnellement les critiques du cahier du cinéma, était rien de plus, au moins dans la vision de Godard, qu'un sous-produit d'un genre assez daté et même considéré comme de second ordre, dans le cinéma américain des années 30-50, c'est à dire, le filme noir.

C'est vrai que cette nouvelle génération a su comment profiter des références pour créer une relecture innovante du genre, même que, parfois, ils n'avaient pas l'intention de le faire. En ce que concerne cela, Godard à une fois déclaré, à propos de à bout de souffle: "Je pensais que je faisais quelque chose de très précis, un film de gangsters. (...) Quand je l'ai vu pour la première fois, j'ai compris que j'avais fait toute autre chose (...) que j'avais plutôt tourné Alice au pays des merveilles, plus ou moins"





Aujourd'hui les gens se disputent à propos du génie de Godard. Loin d'être une unanimité, on ne peut jamais nier l'importance et l'influence du réalisateur. Il s'est toujours intéressé à toutes les constructions et possibilités de l'image, plutôt que de simplement raconter une histoire ou plonger le spectateur dans une illusion. Godard ne veut jamais faire croire une histoire, mais faire une construction, au tour d'une histoire plus ou moins établi. Parfois ces constructions sont tellement hermétiques que personne n'est capable de les pénétrer.

Enfin, "À Bout de souffle", tellement important au niveau de l'histoire du cinéma, est en effet un très sympa et créatif sous produit du film noir, et pour ça, est aussi l’écosystème habituel d'une femme fatale. Et c'était à Patricia, très gracieusement joué par une jeune et extraordinairement belle Jean Seberg, le rôle de la femme traîtresse. 




Tout d'abord, si vous vous souvenez du film (non ? regardez-le !), l'antisocial et criminel Michel, le personnage principal, n'était qu'un gamin grand que réunissait tous les caractéristiques psychologiques basiques d'un narcissique, d'une façon caricatural e légèrement comique, c'est vrai. Il était égocentrique, passionné de sa propre image, assuré de soi, s'habillait comme un dandy, et se jugeait au dessus des autres mortels. Tout ce qu'un homme est enfin capable de projeter à fin de construire une image fausse, qu'ira pourtant, le protéger et rassurer sa condition secrète d'un enfant angoissé et touché par la castration (et là je vous rappelle: rien à voir avec la peur de la blessure physique décrite par Freud, mais l'angoissante découverte de sa propre solitude et impertinence devant l'absurdité de l’existence, après être "abandonné" par la figure de'une "mauvaise mère", méchante et traîtresse). C'est exactement comme Michel, qu'une grand partie des hommes se défendent: en construisant une armure défensive et factice basée sur la gloire personnelle, et appelé narcissisme.



Une scène d'un amour narcissique


Mais Michel était surtout misogyne, la caractéristique la plus marquée d'un enfant blessé. Il se défendait aussi en se méprisant de toutes les femmes. Il les appelait moches, il les moquait, il les volait. Par contre, il passe tout le filme en train de convaincre la belle Patrice à coucher avec lui encore une fois, parce que pour un misogyne, une femme n'est plus qu'un jouet pour satisfaire ses propres besoins sexuelles basiques. Il désire toujours revivre l’expérience de la femme "mère séduisante", mais méprise la femme "mère mauvaise", et surtout, la craint.
Michel, était peut être même amoureux de Patricia, une fois que un narcissique confond souvent le sentiment de l'amour avec le plaisir de voir sa propre image réfléchi sur un miroir de gloire, dans ce cas là, la beauté et le charme irréprochables d'une adorable Patricia.



Patricia reconnait sa trahison


Le filme est essentiellement un filme de gangster, pleine de crime, infidélité et trahison. À la fin - surprise ! - Patricia dénonce Michel à la police afin de le forcer à la quitter (souvent l'image de la police est liée au symbolisme paternel). Michel s'est fait tirer par un policier que le chassait, et ensuite tombe par terre.
Gravement blessé, déjà à l'article de la mort, et allongé sur les pavés, Michel dit à Patricia :

- " C'est vraiment dégueulasse. "
N'ayant pas compris, Patricia demande aux policiers  :
- " Qu'est-ce qu'il a dit ? "
À quoi on lui répond  :
- " Il a dit : vous êtes vraiment une dégueulasse. "

Enfin, Patricia reconnait sa trahison en fixant son regard dans les yeux du public. Elle confirme l’archétype de la femme fatale, aimée et détestée, redoutée et désirée, mais toujours secrètement fascinante.

segunda-feira, 27 de maio de 2013

Qui sont-elles et d'où viennent-elles ?

Elles étaient déjà présentes aux origines de l'humanité. Séductrices, méchantes, puissantes, insatiables. Omniprésentes dans les esprits, que ce soit dans l'inconscient collectif, dans toutes les cultures et les mythes au fil des ans en tant qu'archétype profondément ancré et comme menace maléfique au prétendu pouvoir des hommes. 

La femme dangereuse est, en dernière analyse, une création des hommes. Cette création émane des plus profonds recoins de leur inconscient tout en personnifiant leurs peurs les plus intimes de la dangerosité sexuelle de la femme. La crainte des hommes est cristallisée dans l'image d'une femme à laquelle ils ne peuvent pas échapper, au lieu de la contrôler, la maîtriser et la subjuguer comme d'habitude au cours de leurs délires de domination égocentriques et secrets. Dans l'imaginaire puéril des hommes, le pouvoir phallique est irréfutable tout en étant un héritage d'un temps où l'ego se confondait avec l'orgueil de leur pénis. Leurs puissances, leurs capacités, leurs vertus ont tous été conditionnées au centre même de leurs inconscients, pour une société masculinocentrée dans laquelle ils ont grandi comme de parfaits héritiers de la puissance paternelle.

La femme dangereuse est ainsi la personnification de la mère castratrice telle Méduse portant la tête en trophée, l'infinité des pénis qu'elle a enlevé de ses hommes victimes, exhibés symboliquement comme serpents. Vision effrayante. L'homme ressent la peur de perdre son statut de dominateur. C'est l'enfant immature qui s'exprime alors en latence dans les refuges les plus cachés et oubliés de leurs esprits d'hommes adultes.

Mais pourquoi alors l'homme est-il séduit par l'image de terreur qu'il a lui-même créée ? Parce que ces femmes dangereuses sont le mélange d'images idéalisées générées par son conflit psychologique primordial. Il y a premièrement la bonne mère, la bonne femme avant tout, qui lui a donné son amour, sa beauté, des soins, les délices pures mais également érotiques de l'allaitement. N'oublions jamais que les enfants ont aussi cette sorte de sexualité. La mère était grandement séduisante et désirable. C'est la mère qui vivait avec lui l'unité parfaite décrite par Lacan, la femme que lui donnait son propre accueil existentiel. Mais après, tout à coup, tout ça est subitement suspendu, par force des circonstances naturelles, laissant comme résultat un petit garçon trahi, lacéré, effrayé et abandonné. Surgit alors la figure de la mauvaise mère, castratrice, dangereuse, méchante et traîtresse. C'est l'origine même de tout sentiment de misogynie: la peur et la solitude d'un garçon angoissé. Celui-ci est le vrai moment de la castration: rien à voir avec la peur de la blessure physique décrite par Freud, mais l'angoissante découverte de sa propre solitude et impertinence devant l'absurdité de l’existence.

C'est pour cette raison que la femme fatale est, au fil des ans, représentée comme une prédatrice sexuelle, dont les charmes consument le corps et l' esprit de leurs amants, à l’instar de ce que leurs mères ambivalentes firent il y a longtemps. Cette femme fatale torture son amant dans une relation déséquilibrée, en lui refusant toujours la confirmation de ses sentiments. 

Aimée et détestée, redoutée et désirée, mais toujours secrètement fascinante : les hommes aimeraient être séduits par elle et ainsi apaiser la compulsion de répétition des expériences du passé perdues dans leur inconscient, compulsion qui se place au-delà du principe du plaisir; tandis que de nombreuses femmes aimeraient lui ressembler, et même devenir comme elle, étant donné que la femme fatale est toujours sûre d'elle et dominatrice, toujours capable d'impressionner et séduire un homme aisément.

Ainsi, la proposition de ce modeste blog est d'explorer sans prétention le contour psychologique, ludique, culturel, sociologique, et pourquoi pas, divertissant, amusant, drôle et réjouissant des femmes parfois qualifiées de femme fatale, déesse, vamp, fée, dark, etc.. Le tout représenté dans l'imaginaire populaire, toujours dans l'antithèse sexuelle des bonnes filles, toujours  une création basée sur les archétypes primordiaux, et surtout, toujours en transformation, soit dans les peintures, dans la mythologie, dans la littérature, dans le cinéma, et dans la culture populaire.

Femmes des ténèbres, c'est à vous !...
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